Rencontre avec Mr Succès « Goldman »

Jean-Jacques Goldman en concert dans la région : un évènement pour apprécier en « live » ses récentes « Chansons pour les pieds » et autres tubes. Interview de l’artiste en avant-goût. 

  

Rencontre avec Mr Succès 

- Derrière ce titre intriguant « Chansons pour les pieds » votre album cache des aspects très dance non ? 

Il ne s’agit pas d’un album de dance ! C’est plutôt des tarantelles, des chansons traditionnelles. Enfin, des rythmes venus des bals d’avant même s’il y a des choses un peu plus modernes. En fait, c’est un petit peu un retour à mes débuts quand j’ai commencé en tant que musicien de bal. On passait d’un style à l’autre puisqu’on nous demandait de passer un slow, un rhythm’n'blues, un rock. Donc c’est un retour à cette époque là.  

- Quelles sont les différences par rapport à votre album précédent ? 

Par rapport à l’album précédent c’est facile parce que l’album « En passant » était très accoustique, très introverti et on l’a presque enregistré à deux, il y a eu très peu de musiciens en plus. Avec « Chansons pour les pieds » c’est tout le contraire. J’ai travaillé avec beaucoup de musiciens, que ce soit des cordes, des sections de cuivres ou des cornemuses. Dans ce sens je vois une différence de forme, mais dans le fond, je ne crois pas que le changement soit fondamental. 

- Tout de même, certaines chansons ont des styles qui ne sont pas habituels pour vous. 

J’ai pas du tout l’intention de faire de la techno ou de faire du disco mais il y a effectivement un titre disco qui est un peu « à la manière de » et qui est surtout un clin d’oeil à toute cette époque des années 70 avec les Bee-Gees et Sylvester que j’aimais beaucoup. Souvent on fait un album en réaction par rapport à l’autre, on va sur d’autres plates-bandes ne serait-ce que pour garder l’envie. 

- Est-ce qu’il vous arrive de réécouter vos chansons ? Si oui, qu’en pensez vous avec le recul ? 

Sans être prétentieux, en général je les réécoute avec plaisir mais il y en a certaines, par exemple « Comme toi » qui est une chanson que j’aime bien mais j’ai beaucoup de mal à écouter la version studio parce je trouve que c’est vraiment trop aigu et que je chante de façon trop poussée. D’ailleurs, quand maintenant je la chante sur scène, je la fais deux ou trois tons plus bas. Voilà, il y a quelques défauts qui m’énervent parfois, mais il y aussi des bonnes surprises, comme « Juste après » que j’étais super content de réentendre car je me souvenais pas que ça groovait autant. 

- Le cas Jean-Jacques Goldman, c’est un peu « je suis timide mais je me soigne » non ? 

C’est comme ça. Avant je devais prendre des médicaments pour monter sur scène. Maintenant, je dis pas que je n’ai pas peur mais c’est comme un rendez-vous avec des gens que je connais. Et puis je sais bien qu’un jour ce sera moins dans l’air du temps, que tout va baisser. Ca ne peut pas trop me surprendre. Je suis pas anxieux, je suis juste surpris que tout marche encore, à ce niveau je suis super content. 

- Quelle est la recette de votre succès qui dure depuis tant d’années ? 

Quand j’ai commencé, je venais de l’univers rock, cela faisait 10 ans que je jouais dans des groupes rock et puis tout à coup je me suis rendu compte que c’était les gamines de 13-14 ans qui m’ont suivi. On sait pas à qui on s’adresse, au début on fait des chansons qu’on ressent et puis on a des surprises. Maintenant, je continue à faire des chansons que je ressens mais je m’étonne pas à 50 ans de ne pas avoir les mêmes préoccupations de Passi et MC Solaar qui sont déjà des vieux ! 

- La pochette CD de « Chansons pour les pieds » est particulièrement soignée. Quelles sont vos motivations à faire un tel travail à ce niveau ? 

C’était quelque chose d’important pour moi quand j’achetais un disque. C’était des vinyles et c’était de beaux disques. Maintenant un CD c’est assez désespérant, c’est un boitier en plastique avec des photos. Même les photos étaient importantes, il y avait l’album des Rolling Stones avec la fermeture éclair. On gardait ça précieusement. Pour moi c’est un objet important alors il faut qu’il soit beau ou original. Après, ça plait ou pas mais il faut être soigneux à ce niveau. Si c’est possible, je préfère autant les textes soient bien écrits et qu’il y ait de belles images. 

- Est-ce que Jean-Jacques Goldman a des désirs encore inassouvis dans son art ? 

Aller à Moscou enregistrer les choeurs de l’armée rouge, je l’ai fait. Les voix bulgares : je l’ai fait. Enregistrer avec des supers chanteurs, je l’ai fait. Organiser des trucs avec des plein de chanteurs – je pensais jamais en être capable – mais quand on s’y met tous, on arrive à faire de très beaux spectacles. Faire de la scène… je l’ai fait. Donc non franchement, j’ai pas trop de désirs.

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